Paris Jazz Festival . Honneur à la note bleue

Hugh Coltman, Paris Jazz Festival, (c) 2018 / LeMousticProduction - Véronique Pinon
Hugh Coltman, Paris Jazz Festival, (c) 2018 / LeMousticProduction - Véronique Pinon
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Comme l’ aurait si bien dit Paul Eluard, « du bonheur et rien d’autre » pour les spectateurs venus encore plus nombreux durant ce deuxième week-end ensoleillé.

Samedi 7 juillet

Le saxophoniste Eric Séva est venu nous présenter son dernier album « Body and Blues » . Au-delà de l’âme, celle du blues ! Ici Eric s’en empare afin de nous conter sa propre expérience, d’autant plus que le genre lui est familier, puisqu’il s’en est nourri en grandissant. Tout cela par l’entremise de ses saxophones et d’une pédale wah wah.

Aussi, pour mener à bien son discours, Eric s’est entouré d’un fin bouquet de complices : Christophe Cravero (claviers; violon) ; Manu Galvin (guitares); Christophe Wallemme (basse, contebasse) ; Stéphane Huchard (batterie). Ajoutons la voix soul du chanteur canadien Harrison Kennedy, dont la large discographie mériterait à elle seule le détour. A la fois compositeur et habile musicien au banjo, lorsqu’il interprète de sa voix rocailleuse « No monopoly on hurt » le public est conquis. Plus tard un hommage à « Jolie Marie-Angélique », de son vrai nom Marie-Josèphe-Angélique, une esclave noire exécutée en 1734 . Retenons ce bel échange entre Harrison et Séva au soprano ainsi que l’aisance avec laquelle Séva passe d’un saxophone à un autre.

Un dialogue non moins remarquable « A Gogo » entre le piano et le baryton ; l’harmoniciste Jean-Jacques Milteau en invité surprise le temps d’un morceau ; un « Mr Slide » en hommage à Chris Rea que Séva avait accompagné en tournée . Vous l’aurez compris, au fil de ses compositions le saxophoniste nous embarque dans ces trains clandestins ( « Underground Railroads ») qui nous plongent dans les racines du jazz. Quelques ballades séduisantes (« Bivouac »; « Le village d’Aoyha »), ajoutons l’incontournable « Georgia », qui nous mèneront indéniablement à la conclusion du chanteur qui en vieux routier déclare: « Vive le Blues ! ».

« Body and Blues », un disque à découvrir !

Dimanche 8 juillet

« Who’s happy ? » Eh bien nous, de toute évidence, dans ce magnifique Parc Floral, malgré le méandre de la file d’attente qui s’étire depuis plus d’une heure avant le début du concert. Sur scène, Hugh Coltman est attendu.

L’entrée des musiciens s’opère progressivement jusqu’à l’arrivée du crooner guitariste anglais. Le projet qu’il nous présente a été enregistré à la Nouvelle Orléans en mars dernier, et co-réalisé avec Freddy Koella, ex musicien de Bob Dylan.

Nous sommes cette fois-ci plongés dans le Rhythm & Blues avec force chaleur, celle de Hugh gonflé d’ une énergie communicative, ainsi que celle de ses musiciens. Un brass band tonitruant fraîchement style Louisiane qui envoie une joie de vivre indéniable et accompagne la voix rocailleuse du chanteur (d’ailleurs nominé « Voix de l’année » aux victoires du Jazz 2017). Ce dernier partage ses émotions avec des titres personnels tels que « New Park Street » ( sise dans la petite ville dont il est originaire) ; ou bien « Resignation Letter » ( suite à son ancien job dans un hôtel de nuit).

A la fin de ce concert, le public s’agglutine devant la scène afin de venir danser sur « What a Day for a Daydream » . Suite au rappel, Hugh reviendra avec trois chansons dont la tendre ballade « Little Big Man » dédié à son fils. Sans se poser de question existentielle, nous avons quitté les lieux le cœur enjoué, nous donnant rendez-vous au prochain week-end du PJF.

Line-up : Hugh Coltman (voix,guitare) ; Jérome Etcheberry (trompette) ; Frédéric Couderc ( clarinette, baryton, slide sax) ; Jerry Edwards (trombone) ; Didier Havet (soubassophone) ; Freddy Koella (guitare) ;Gaël Rakotondrabe (piano) ; Raphaël Chassin (batterie)

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Véronique Pinon