Basket Pro A : « Boris Diaw, Bienvenue à Balkany-Land »

Le retour de Boris Diaw au sein du championnat de France de Basketball est un événement. Pas un petit, un grand. Un « cadeau de Noël » avant l’heure pour tous les fans de basket français et pour le club de Levallois, dont le début de saison est poussif, malgré la présence d’un autre (ancien) international français, le guerrier Florent Pietrus et de l’explosif slovène, récemment champion d’Europe, Klemen Prepelič.

Diaw, la classe incarnée…

Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando diaw boris

Il est peu dire que Diaw est une légende vivante du basket français puisqu’il a tout gagné, et à tous les niveaux : depuis la Pro A à Pau-Orthez où il évoluait au début des années 2000 (couronnées par le titre de champion de France, de débutant de l’année et de champion et meilleur joueur de la ligue en 2003) à la NBA où il a fallu du temps pour qu’il soit utilisé convenablement et y trouve véritablement sa place au sein de collectifs rodés (et en point d’orgue, un titre de MIP – meilleure progression avec Phoenix en 2006 et de champion NBA en 2014 avec les San Antonio Spurs et Tony Parker). Enfin, Diaw, c’est encore et toujours un pilier de l’équipe de France dont la liste des médailles glanées sanctuarise la plus belle génération basket que la France ait connue : Médaille d’or aux championnats d’Europe Junior en 2000, Médaille de Bronze aux championnats d’Europe Espoirs en 2002, médailles de bronze aux championnats d’Europe 2005, 2014 et 2015, médaille d’argent aux championnats d’Europe en 2011 et médaille d’or aux championnats d’Europe en 2013. Bien plus que par les statistiques, et quand bien même il est toujours capable de noircir la feuille et de sortir un triple double à la moindre occasion, l’impact de Diaw s’est toujours mesuré au succès collectif plutôt qu’aux statistiques.

… de retour à « domicile »

Il n’en reste pas moins surprenant qu’un Diaw, bien que vieillissant et presque systématiquement hors de fort, toujours utile, si ce n’est toujours précieux ponctuellement, en NBA, n’ait pas été contacté par une équipe américaine, après avoir été laissé libre par le Utah Jazz où il jouait l’année dernière, notamment avec Rudy Gobert (Diaw s’est néanmoins laissé une porte de sortie pour la ligue américaine avec une clause dans son contrat). Et c’est ainsi qu’après quelques jours de flottement, Diaw a annoncé son retour dans le championnat français au sein de l’équipe de Levallois (en plus de la présence de Flo Piétrus, la connexion avec son autre ancien coéquipier à l’époque de Pau, Fréderic Fauthoux, aujourd’hui devenu coach, a sans doute joué un rôle important dans cette décision).

Fred Fauthoux, coach et ancien coéquipier de Boris à Pau. Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando fauthoux frédéric

S’il fallait d’ailleurs dresser une comparaison entre le club de Levallois et celui, par exemple, de Nanterre, le choc serait brutal. Oubliez l’atmosphère familiale d’un club qui semble rester un éternel amateur malgré les résultats, ici, à Levallois, on est là pour en mettre plein les yeux. Ecran géant, comme les grands. Banderole au plafond l’indiquant bien, ici, c’est « un club en or ». Pas de doute, ici, on aime le clinquant et le statut avant tout : bienvenue à Balkany-land. Signe de cette démesure : les chargés de communication du club ont bien failli ne pas laisser rentrer notre équipe au motif que le premier match de Boris Diaw risquait d’attirer une presse, forcément plus compétente et sérieuse que nous, et donc prioritaire malgré nos accréditations obtenues dans les règles. Bien évidemment, ils n’étaient que cinq autres journalistes à avoir fait le déplacement, au final. Eux qui se contentaient de regarder le match sans même prendre une seule note, si ce n’est quand ils n’arrivaient qu’en fin de quatrième quart temps, illustrant bien par-là que l’événement du match n’était pas, pour certains, le basket, mais la seule présence d’un nom célèbre en conférence de presse. A Levallois, l’important n’est pas d’analyser ou de gagner, mais bel et bien de communiquer.

Boris – Dieu – Diaw

Contrairement à sa nouvelle ville d’adoption et à ses élus, Boris Diaw, lui, n’a aucune casseroles dans une carrière quasiment irréprochable. A la différence frappante de son ancien/futur coéquipier en sélection, Nicolas Batum, qui survit aux messages haineux liés à son abandon du maillot national cet été et à sa récente blessure en présaison : tout le monde aime Boris. Et comment pourrait-il en être autrement face à un joueur qui préférera toujours faire une passe plutôt que penser à sa pomme ? Exemple frappant de cette mentalité incroyable : à l’échauffement, pendant un long moment, Boris Diaw se contente de prendre les rebonds de ses coéquipiers pour leur rendre la balle. Boris, c’est le mec avec qui on veut aller se faire une bonne bouffe (parce qu’on est certain qu’il connait toutes les bonnes adresses et qu’il sortira le chéquier avec plaisir), se prendre un café (parce qu’il est un fana de Nespresso et qu’il est passionnant à écouter parler) ou bien évidemment, jouer au basket.

Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando carter josh diaw boris

Mais paradoxalement, Diaw est aussi l’une des plus grandes frustrations du sport français. Il est celui, qui, à déjà 34 ans et un embonpoint récurrent, est capable de frustrer au plus haut point en défense Lebron James, certainement le joueur le plus dominant individuellement au monde. Il est celui, qui, dans son sommeil, peut sortir des matchs à 20 points, 10 rebonds et 10 passes sans jamais donner l’impression de forcer. Il est celui, qui, dans ses plus jeunes années, pouvait se pointer à l’entrainement une tasse de café à la main, le poser, et battre le record de détente du joueur le plus athlétique de son équipe. Il est, enfin, celui qui était une sorte de Magic Johnson français. Un créateur génial, qui, s’il avait été plus individualiste ou tout simplement agressif sur le terrain, aurait pu être non pas l’un des plus grands, mais le plus grand.

Un Diaw rouillé pour son retour en Pro A ?

Pour l’occasion, pour ce retour, les légendes s’amoncèlent : Levallois rencontre le prestigieux club de Limoges. Et quand Diaw est introduit en dernier par le speaker de Levallois, la salle quasi-comble, s’embrase !

Et c’est Levallois, par le biais de Eliezer-Vanerot et un beau cut vers le cercle qui ouvre la marque, immédiatement équilibrée par Howard, de l’autre côté. Très vite, on remarque que Diaw est un peu aux fraises en défense, laissant coup sur coup des shoots ouverts à son vis-à-vis. Mais de l’autre côté, son « corps » imposant fait des miracles pour poser des écrans afin de permettre à Eliezer-Vanerot de déjà scorer 7pts (10 en tout dans le quart temps). Il est bien aidé par Prepelic, la star assumée de l’équipe de Levallois, inarrêtable en attaque et leader offensif de l’équipe.

Prepelic, un talent offensif rare. Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando prepelic klemen gibson danny conklin brian

Sur une superbe extra-passe de Diaw vers un Ware qui coupe vers le cercle, le public exulte. C’est du Diaw pur jus. Galvanisé par sa nouvelle star, Levallois prend déjà l’avantage 12-5 à 7min. Mais Limoges se reprend en défense et le manque d’automatismes de la nouvelle formule de Levallois se fait sentir. C’est flagrant quand Boris Diaw, sous le cercle, veut ressortir la balle dans le corner, où il n’y a personne, et que la balle termine sur le banc. C’est typiquement le genre d’actions automatiques aux Spurs, où Diaw jouait encore il y a deux saison, où un joueur aurait été là pour planter à 3pts.

De l’autre côté, pour Limoges, Conklin, l’intérieur se prend pour un meneur et ça marche ! Il réalise un superbe fix à l’intérieur avant de ressortir pour un 3pts d’Howard. Le jeune fan club principal du club de Levallois en profite pour illustrer sa méconnaissance du basket. La petite trentaine de fans anime le stade avec des tambourins mais choisi alors ce moment pour tancer Limoges : « Mais ils sont où les Limougeauds ? », alors que le score n’est que de 12-9 à 5’. Manque de bol, il semble qu’ils soient en défense puisque dans la foulée, Levallois n’arrive même pas à shooter, complétement sclérosée par la défense des Limougeauds et dépasse les 24s. Dans la foulée, Diaw sort, remplacé par Pietrus et Limoges, par Morency, va égaliser sur un drive avec faute.

Prepelic répond coup sur coup en mettant à mal la défense de Limoges, obligée de commettre des fautes. De l’autre côté, l’entrée en jeu de Jaiteh fait énormément de bien : il se joue superbement de Pietrus en allant au cercle main gauche. Quelques minutes plus tard, retour de Diaw n’y change rien : Jaiteh est très en jambe (6pts en 5min) et va postériser Diaw, toujours à la ramasse en défense.

Diaw, un peu à la traîne en défense. Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando hayes kenny diaw boris conklin brian prepelic klemen

Levallois se redonne de l’espace avec deux trois points coup sur coup, dont le second, rend folle la salle : le premier panier de Diaw à 1’28. Derrière, English lui répond et se charge de climatiser la salle avant que Diaw, perde une nouvelle balle qui mène directement à une contre-attaque de Bouteille, toujours agressif et acrobatique, conclue au cercle malgré une agression évidente sur le joueur de Limoges.

Malgré 6 balles perdues en premier quart, c’est clairement l’adresse de loin de Levallois (et les percussions de Prepelic (11pts)) qui maintiennent Levallois devant. Après un gros 3pts au buzzer de Lesca, Levallois termine le quart temps avec 7 points d’avance : 32 – 25.

Le show Lesca

Au début du second quart, les deux équipes ne sont pas foncièrement en réussite, mais sur un nouveau 3pts du meneur de poche Lesca, Levallois prend 10 pts d’avance. Dans la foulée, Pietrus fait une faute et le ton monte avant que Lesca, décidément partout, va arracher sur l’action suivante un rebond offensif avant de planter un nouveau 3pts : 38-25 à 8’.

Lesca, bouillant de loin ! Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando lesca rémi jaiteh mouhammadou

Derrière, Conklin va marquer à l’intérieur pour stopper l’hémorragie malgré la belle défense de Piétrus. Dans la foulée, Jaiteh vole un nouveau ballon et fonce au Dunk pour repasser sous la barre des 10pts. Boris Diaw manque de se faire voler une nouvelle fois la balle par les mains agiles de Jaiteh et Fred Fauthoux préfère prendre un nouveau temps mort pour resserrer le jeu de son équipe, ressortir Diaw et faire revenir Prepelic.

Mais Prepelic se fait tout de suite sécher au cercle par Jaiteh avant que Hayes ne marque à 3pts. Heureusement, Lesca, toujours dans les bons coups vient faire souffler Levallois en coupant vers le cercle avant de piquer un ballon et envoyer le supersonique Prepelic en contre-attaque : 42-32 à 5’50. Hayes, toujours chaud, lui répond en tear drop derrière avant que Prepelic ne perde encore un ballon et qu’à son tour, Hayes s’évade pour scorer en contre-attaque malgré la faute : 37-42 une minute plus tard. Avec toutes ses balles perdues, Levallois se tire successivement des balles dans le pied.

Prepelic continue de mettre la pression sur la défense de Limoges, qui se retrouve à devoir faire 7 fautes sur lui, à son grand agacement, mais l’écart n’évolue pas pour autant, notamment grâce à l’apport très intéressant à l’intérieur de Conklin et Jaiteh. Prepelic commence à s’énerver et en perd sa lucidité, après avoir été remis à sa place par l’arbitre, il force, fait marcher avant de commettre une nouvelle faute. Fréderic Fauthoux préfère le sortir avant la mi-temps où Levallois conserve son avance : 51-46. Avec ses 9 points en second quart, c’est le petit Lesca qui a tenu la baraque pour l’équipe. Collectivement, ce sont les 3pts de Levallois (8/16) qui ont fait mal à Limoges, ainsi que leur domination au rebond, 19 à 10 (dont 6 pour le seul Conklin).

Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando lesca rémi

L’impact des vieux roublards

Hayes débute la seconde mi-temps comme il a terminé la première, avec réussite, en marquant un nouveau trois point (10pts). De l’autre côté, Levallois tente de laisser la création du jeu à Diaw, mais la réussite fuit Levallois. Derrière, suite à une faute de Roos sur Bouteille qui montait au cercle, Bouteille marque le premier lancer mais pas le second, hors Limoges prend le rebond offensif et passe devant pour la première fois du match sur un 3pts de Carter. A 8’, Levallois n’a pas encore marqué.

Bouteille, ultra agressif vers le cercle. Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando lesca remi gibson danny bouteille axel ware gavin jaiteh mouhammadou

30 secondes plus tard, c’est réparé lorsque l’athlétique Roos obtient une chance de 2+1 après une faute de Carter, qui pensait bien obtenir une offensive. Levallois reprend l’avantage. Dans la foulée, Hayes, qui n’a jamais peur de rien, s’offre un duel de toute beauté face à Prepelic qu’il crosse et met sur les rotules avant de planter un superbe shoot à mi-distance. Ce dernier, piqué au vif, reprend son festival mais les deux équipes ne font que d’échanger le lead le reste du quart temps, sans qu’aucune équipe ne semble dominer l’autre ou en capacité de faire l’écart.

Le retour de Diaw et Pietrus fait beaucoup de bien à Levallois : le second est un guerrier sur le terrain qui s’arrache sur tous les ballons, pour le plus grand plaisir du public. De son côté, avec roublardise, Diaw vole une faute à Morency en enroulant son adversaire et simulant une faute (qu’il commet en réalité offensivement). De ses deux lancers ainsi obtenus, il permet à Levallois de terminer devant, 66-64.

Diaw, au métier. Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando diaw boris morency jean-frédéric

En ce début de dernier quart temps, la parole est à la défense. Il faut attendre 2 minutes pour que Morency égalise à 66 partout. Derrière, Pietrus en impose toujours en défense en provoquant le marcher de Jaiteh. Mais Levallois, continue à ne pas prendre soin du ballon et Prepelic rend la balle à Limoges et permet une nouvelle fois à Morency d’aller scorer au cercle. Derrière, malheureusement pour Limoges, il est obligé suite à un oubli défensif de faire faute sur Eliezer-Vanerot (sa 4ème) qui rate le panier tout cuit…et les deux lancers. Derrière, c’est au tour de Prepelic de commettre sa 4ème faute, sur un drive du trop vif Hayes. 70-66 pour Limoges à 6’. Derrière, Roos, trop brut perd un nouveau ballon pour Levallois en faisant faute offensive.

Il faut attendre 5’30 pour que Campbell, transparent jusque-là, sorte de sa léthargie et offre le premier panier de Levallois dans le quart temps. Après un temps-mort, Levallois, qui a compris que son salut serait certainement défensif, monte d’un cran la pression, à l’image du toujours vaillant Pietrus, et récupère la balle sur une violation des 24s.

Boris rend folle la salle en inscrivant un nouveau 3pts à 4’, qui permet à Levallois de repasser devant : 71-70. Mais derrière, Boris fait faute sur Hayes qui ne met qu’un lancer franc sur deux. Egalité. Levallois reprend l’avantage derrière sur une action passablement honteuse, bien que légale. Sur un beau décalage à 3pts, Campbell fait feinte fasse à un Gibson en retard qui n’a d’autre choix que de sauter. Campbell, en roublard se jette pour obtenir trois lancers. C’est laid, mais ça marche. 74-71 à 3’30 pour une action qui pourrait déjà être décisive. Derrière, culotté, Hayes tente l’égalisation à 3pts mais se rate. En contre-attaque, Prepelic veut porter l’estocade, mais Jaiteh est là pour le contrer. En représailles, la défense de Levallois répond présent derrière : nouvelle violation des 24s pour Limoges.

Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando carter josh diaw boris

Mais Levallois continue de se saboter en perdant un nouveau ballon. Ça permet à Conklin, de retour, d’aller ramener à 2pts Limoges à l’amorce du money-time. Surtout que derrière, Levallois perd un nouveau ballon alors que Ware tente une passe typiquement Diaw-esque et se rate. Il se rattrape bien en récupérant le ballon mais Diaw manque l’occasion d’être le sauveur derrière.

De l’autre côté, Hayes, trop individualiste, force. Il reste moins d’une minute et la balle et pour Levallois. Sans succès. 48s. Temps mort. Balle Limoges. Gibson attaque face à Campbell. Jaiteh vient faire écran avant de récupérer la balle dos au cercle suite au changement de défenseur. Il enfonce le plus petit Campbell mais se rate. Sorti de nulle part, Conklin vient remettre la balle dans le cercle et égaliser à 74 partout à 26s.

La célébration attendra. Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando mascotte levallois

Et là, c’est du n’importe quoi pour Levallois. Durant 16 secondes, Prepelic drible sur place avant d’attaquer Hayes bien trop tard. Trop lent. Gros manque de lucidité et très mauvaise gestion du chrono : Levallois ne parvient même pas à shooter dans les temps. Dans la foulée, Levallois effectue un tout aussi incroyable oubli défensif en laissant Conklin tout seul à mi-distance, mais celui-ci, pourtant complétement libre, rate le shoot de la gagne. Prolongation !

Jusqu’au bout de la nuit

La première action de Levallois est superbe, rapide, intelligente. Diaw passe à Prepelic qui sert rapidement à l’intérieur Ware. Il feinte et Conklin lui saute (littéralement) dessus : sa 5ème ! Coup dur pour Limoges même si Ware ne marque qu’un lancer. Après un rebond offensif, le même schéma se reproduit pour Jaiteh qui lui aussi ne marque qu’1/2. Dans la foulée, Prepelic va obtenir une nouvelle faute, de Jaiteh, mais lui met ses lancers et donne 2 pts d’avances à Levallois à 4’.

De façon absurde, c’est ce moment que choisi le mini-fan club de Levallois pour sauter frénétiquement sur place dos au jeu pendant quasiment une minute. Où l’on comprend que le basket n’intéresse pas vraiment en réalité ces fans. C’est bien dommage car c’est le moment que choisi Diaw pour marquer de sa petite patte caractéristique à l’intérieur son dixième point qui donne 4pts d’avances, 79-75 à 3’20.

Hayes, agressé . Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando hayes kenny eliezer vanerot cyrille

Derrière, c’est au tour de Eliezer-Vanerot de sortir pour sa cinquième faute, qui permet à Hayes de marquer deux lancers. Diaw à l’occasion de peut-être clore le match mais rate. Derrière, Jaiteh en profite pour devenir le meilleur marqueur de son équipe avec son seizième point, en allant au panier main gauche égaliser.

Prepelic balance une passe casse-croute pour Diaw au plus mauvais moment. Heureusement, ni Limoges, ni Levallois ne semble parvenir à marquer. Et le public s’enflamme quand Diaw semble encore pouvoir joueur le sauveur en allant mettre un gros gros contre sur Howard qui allait lui dunker dessus. Mais la joie du public se transforme vite en fureur quand l’arbitre siffle faute (qui est belle et bien là, avec son corps). Howard transforme ses lancers. 81-79 à 1’14. De l’autre côté, Campbell, pourtant pas brillant jusque-là (7pts et des pourcentages horribles), force individuellement. Par chance, Ware est là pour récupérer le rebond, subir la faute de Jaiteh, et ne pas trembler aux lancers en égalisant à 56s.

Campbell, le sauveur que personne ne mérite. Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando campbell louis jaiteh mouhammadou howard william

Derrière, Jaiteh commet une nouvelle faute, offensive cette fois, en voulant prendre position et rend la balle à Levallois à 45s. Une nouvelle fois, Prepelic perd sa lucidité en passant un 3pts ouvert pour une passe prévisible et perdue. Dans la foulée, il fait faute sur la pénétration de Hayes (18pts) qui parvient à marquer malgré la faute. Prepelic est exclu du match et Hayes converti le lancer pour donner 3pts d’avances : 84-81 à Limoges.

Sur l’action suivante, Diaw rappelle malheureusement pourquoi il peut être parfois un joueur frustrant en passant un bon shoot à 3pts. Nwaelele, très discret jusque-là se retrouve à aller devoir marquer LE panier le plus important du match. Mais c’est sans compter sur Jaiteh qui réalise la plus grosse action défensive possible en le contrant sous le cercle. Or, la balle revient sur le joueur de Levallois : balle pour Limoges. Jaiteh peut exulter. A 14s de la fin, l’affaire est quasiment pliée pour Limoges.

Jaiteh, héro en puissance ! Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando jaiteh mouhammadou nwaelele daniel

Sur l’action suivante, Pietrus est obligée de faire faute. C’est Carter qui se retrouve aux lancers. Il ne marque que le second, mais avec 4 points d’avances, c’est terminé. Derrière, c’est Campbell qui vient une nouvelle fois « améliorer » ses stats en balançant un saucisson qui fait airball à 3pts.

La faute qui suit sur Gibson n’y change rien. Limoges l’emporte au bout de la nuit 87-81 en gâchant la première de Diaw.

Des automatismes à construire

Pour ce premier match, Boris Diaw est loins d’avoir été mauvais : avec 10 points, 6 rebonds et 3 passes, il termine quand même avec la deuxième meilleure évaluation (14) de son équipe, mais un manque évident de compétition et d’automatismes s’est fait ressentir.

Un avis partagé par le coach de Levallois, Frédéric Fauthoux, pour expliquer cette défaite : « [Globalement, c’est] un manque flagrant d’habitude de jouer ensemble. Surtout en fin de match, on doit prendre le match avant la fin du temps réglementaire mais on prend un rebond offensif qu’on n’aurait jamais dû et sur la dernière situation on veut faire la passe supplémentaire alors qu’on aurait dû shooter. Je pense que c’est parce que les joueurs ne se connaissent pas encore assez. On aurait dû être fort tout de suite, surtout en défense en première mi-temps. On aurait dû avoir quinze points d’avance à la mi-temps mais on a été trop laxistes. Ce qui est compliqué c’est qu’on a aucun automatisme, que ce soit Boris ou un autre. On ne sait jamais trop ce qui va se passer quand un tel joueur a le ballon, quelles sont ses habitudes, comment les joueurs devraient s’adapter à un tel joueur. C’est le nombre d’entraînements et de matchs qui fera que ça sera beaucoup plus huilé en attaque et en défense. »

La grande question : de combien de temps le coach disposera-t-il de Boris Diaw ? Car comme celui-ci l’a expliqué dans une interview sur RMC : « Si on me propose un contrat jusqu’à la fin de la saison, je crois que je retournerai en NBA. Je n’ai aucune prétention financière, le “SMIC NBA” me va pas mal (rires). Mais je ne me ferme aucune porte. Si un club européen me fait une proposition, je l’étudierai. »

Pro A (Journee 04), Levallois Metropolitans vs Limoges Cercle Saint-Pierre Samedi 7 Octobre 2017. (c) 2017 / LMP Frederique Grando diaw boris jaiteh mouhammadou

Texte de Grégoire Haska
Photographie de Frédérique Grando

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